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L’Université populaire d’Arcueil

Vieilles d’un siècle, les universités populaires connaissent un nouveau printemps. Celle d’Arcueil, l’UPA, fait ses premiers pas à Anis Gras.

(PNG) Apparues au Danemark au XIXe siècle, les universités populaires se développent en France dans le contexte de l’affaire Dreyfus et des lois Ferry instaurant l’enseignement primaire gratuit et obligatoire pour tous les enfants... ce qui renforce l’idée de favoriser l’accès aux savoirs pour les adultes. Après avoir créé La coopération des idées, Georges Deherme, ouvrier typographe et militant anarchiste, fonde avec Victor Basch, professeur de philosophie, la société des Universités populaires. En 1901, on en compte 124 en France. Presque toutes disparaîtront dans la tourmente de la première guerre mondiale, avant une première renaissance dans l’effervescence militante du Front populaire sous l’impulsion de la philosophe Simone Weil, alors professeur à Bourges. L’élan est stoppé par la seconde guerre, avant de reprendre à Mulhouse dans les années 60, une région proche de l’Allemagne où sont implantées des Volkshoschulen financées par les Länder.

L’histoire ne s’arrête pas là puisque, depuis quelques années, les universités populaires vivent un nouveau printemps en France. L’hebdomadaire Politis en recensait plus d’une centaine en janvier 2006, fréquentées par 110 000 personnes, la plus connue étant celle de Caen qui bénéficie de l’aura médiatique de son mentor, le philosophe (encore... !) Michel Onfray. « Déclin des idéologies et perte des cadres de référence, soif de connaissances et complexité croissante du monde qui aiguise l’envie de comprendre, frustration engendrée par le débat médiatique qui transforme le citoyen en "spectateur de la société du spectacle" et dénature la pensée des intellectuels » : telles sont les raisons qui expliquent cet intérêt, selon Jean-François Marguerin, conseiller municipal délégué à l‘éducation populaire, qui porte le projet d’une telle université à Arcueil.

Trois cycles de conférences l’année prochaine
Pour lui, loin d’être un obstacle, la relative petite taille de la commune est au contraire le gage d’une « proximité » qui augmente les chances de rendre réellement "populaire" cette université. « Or l’enjeu est bien de parvenir à attirer un public le plus large possible » insiste l’élu, haut fonctionnaire du ministère de la Culture « dans le civil », qui justifie le sens de son engagement par ce credo : «  faire en sorte que l’offre culturelle et artistique ne soit pas réservée aux seules classes favorisées, comme c’est le cas trop fréquemment  ». Saisissant l’opportunité du 160e anniversaire du suffrage universel masculin promu par l’Arcueillais Raspail, Jean-François Marguerin a monté dès cette année un premier cycle de conférences sur le thème de la démocratie. Les invités (voir ci-contre) ne sont pas les premiers venus, ce qui est conforme à l’idée que « s’il ne faut forcément avoir bac + 3 pour suivre les cours de cette université, les conférenciers doivent être des personnes qualifiées, aptes à transmettre leur savoir ». Dès l’année prochaine, sous la conduite d’un conseil d’orientation composé d’une dizaine de personnes, l’UPA (comme Université Populaire d’Arcueil) passera à la vitesse supérieure avec un copieux programme de trois cycles de conférences qui se relayeront le lundi soir de septembre à juillet.

Chaleureuse et se prêtant bien à une forme d’intimité conviviale et studieuse, la salle de spectacle d’Anis Gras est l’amphithéâtre idéal pour accueillir ces conférences, mais les absents peuvent aussi les télécharger sur le site d’otoradio et, bientôt, sur le site d’Arcueil.


Coordonnées

Toutes les conférences se tiennent à la friche culturelle Anis Gras
55, avenue Laplace RER B - station Laplace.
Entrée libre et sans réservation.

Contact : universitepopulaire@mairie-arcueil.fr

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