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Shellebrity-art du collage, du montage et de la peinture

Exposition du 4 mai au 2 juin 2018

Vernissage vendredi 4 mai à 18h30
Rencontre et dialogue avec les artistes Maël Nozahic, Auréilie de Heinzelin, Camille Fisher et Marie-Pierre Brunel samedi 26 mai de 16h à 19h.
En présence du commissaire d’exposition Damien Deroubaix.
Finissage de l’exposition « tableaux vivants » – performance de Camille Fisher samedi 2 juin de 16h à 19h. Entrée libre

 

Lorsque j’ai proposé de réunir les travaux des jeunes artistes Marie-Pierre Brunel, Camille Fischer, Aurélie de Heinzelin et Maël Nozahic dans cette exposition, c’était exactement comme avec mes peintures, de manière intuitive et dans l’idée d’un collage dont le télescopage des différents éléments minutieusement choisis produit du sens. C’est suite à la lecture d’un article**, dont l’exposition emprunte le titre, au sujet d’un escargot anglais gaucher, que les pistes sont apparues. Jem est un escargot gaucher, c’est-à-dire que sa coquille, enroulée à l’envers, l’empêche de pouvoir s’accoupler, le rendant infiniment seul parmi la foule de ses semblables droitiers. Il porte ainsi en lui la figure de l’artiste, mais nous parle également de thèmes présents dans le travail des quatre artistes exposé(es) et/ou dans l’art actuel en général, comme des rencontres et de leur impossibilité, de queer, d’hermaphrodisme et de misère sexuelle, de solitude sans parler de références à l’histoire de l’art.

Ainsi, replongeant dans l’analyse de Daniel Arasse d’une Annonciation de Francesco del Cossa conservée à la Gemälde Galerie de Dresde comportant un escargot surdimensionné au premier plan*** : L’escargot nous montre qu’il ne faut pas se laisser prendre à l’illusion de ce que nous voyons, ne pas y croire… C’est au terme d’un tour de force perspectif que le peintre ruine subrepticement le prestige de la perspective. (…) Et plus loin : l’anomalie de l’escargot vous fait signe ; elle vous appelle à une conversion du regard et vous laisse entendre : vous ne voyez rien dans ce que vous regardez. Ou plutôt, dans ce que vous voyez, vous ne voyez pas ce que vous regardez, ce pour quoi, dans l’attente de quoi vous regardez : l’invisible venu dans la vision.

Soit un beau scénario pour quatre peintres, dessinatrices, graveuses, versées dans un expressionnisme bien actuel, pour réaliser chacune spécialement pour l’exposition une œuvre de grand format (250 x 400 cm environ).

Le monde onirique bleuté peuplé de personnages enfantins mais indéfinis ou abîmés de Marie-

Pierre Brunel, (née en 1985, vit et travaille à Saint-Denis) côtoie ainsi les peintures de Aurélie de Heinzelin (née en 1980, vit et travaille à Strasbourg), celles des fi gures carnavalesques issues de rites païens de Maël Nozahic (née en 1985, vit à Lille et en Bretagne), et enfin l’univers de Camille Fischer (née en 1984, vit et travaille à Strasbourg), grand collage mélange de punk, de mode, de couture et de broderies raffinées mêlés à des impressions de bois gravés, de masques brodés, de dessins subtils ou sauvages, traces parfois des performances/tableaux vivants telle que celle qu’elle réalisera pour le finissage de l’exposition.                                   Damien Deroubaix – Commissaire de l’exposition.

*Jeu de mots avec « coquille », c’est-à-dire «shell», et « celebrity ».

** La misère sexuelle de Jem-le-gaucher, l’escargot anglais

impossible à apparier » Libération, 19.05.2017

www.liberation.fr/planete/2017/05/19/la-misere-sexuelle-de-jem-legaucher-l-escargot-anglais-impossible-a-apparier_1570475

***Daniel Arasse, Le regard de l’escargot, dans « On n’y voit rien », Descriptions, Denoël 2001

Couverture détail des quatre œuvres : “Ronde de vie”, 2018 Huile sur toile, 260 × 400 cm copyright Maël Nozahic . ” Les batailles nocturnes”, 2018 Acrylique/toile, 400 x 250 cm copyright Marie-Pierre Brunel. “Sunny Afternoon”, 2017, techniques mixtes sur papier, 200 x 124 cm copyright Camille Fischer. “Salomé ou comment faire perdre la tête à Trung (partie gauche du diptyque L’Amour la jalousie)”, 2018 240 x 380 cm, technique mixte sur toile copyright Aurélie de Heinzelin.

 

 

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